Il y a une semaine, la presse américaine parlait d'un « gusher » pour clôturer le mois d'août. Bitcoin devait finir l'été en fanfare. Le 31 août, bitcoin s'échange autour de 77 700 dollars, en baisse de 0,9 % sur vingt-quatre heures et quasi stable sur la semaine. Ce qui a changé, c'est ce que le marché attend de la Réserve fédérale, et le comportement de ceux qui achètent en face de ceux qui vendent.
Le marché price une hausse de taux, pas une baisse
Le basculement est venu de Jackson Hole. Les propos de Kevin Warsh sur une inflation qui ne cède pas ont fait remonter le risque d'un resserrement plutôt que d'un assouplissement. La probabilité d'une hausse des taux le 16 septembre est passée de 35 à 62 % en quelques heures, avant de se tasser autour de 57 %. Sur les marchés de prédiction, la bascule s'est vue en direct. Le renversement est net : les investisseurs ne se demandent plus de combien la Fed va baisser, mais si elle va les relever. Pour un actif sans rendement comme bitcoin, une hausse du loyer de l'argent n'est jamais une bonne nouvelle à court terme.
Les ETF et les positions longues encaissent
Le signe le plus net est venu des fonds cotés. Le 28 août, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré 201,9 millions de dollars de sorties nettes, mettant fin à une série de neuf séances consécutives d'entrées. Dans la foulée, environ 488 millions de dollars de positions ont été liquidées sur le marché, dont 68,6 % du côté des acheteurs à effet de levier. Traduction : ce sont les paris haussiers empruntés qui ont sauté, pas les vendeurs de fond.
Les gros portefeuilles font le contraire
Pendant que les ETF sortaient et que les longs se faisaient nettoyer, les baleines accumulaient du bitcoin. Entre le 23 et le 28 août, les adresses les plus fournies ont ajouté 39 154 BTC. La capitalisation réalisée, une mesure de la valeur réellement entrée sur la chaîne, a progressé de 4,6 milliards de dollars sur la semaine. L'indice Fear and Greed est retombé à 68, contre un pic de 74 un mois plus tôt, soit une avidité qui refroidit sans virer à la peur.
Voilà la tension du moment. D'un côté, le levier et une partie des flux institutionnels se retirent au premier signal restrictif de la Fed. De l'autre, les portefeuilles de long terme profitent du repli pour charger. Les deux lectures cohabitent dans le même prix.
Ce que cela implique depuis la France
Les repères techniques restent lisibles. En dessous du prix actuel, une zone de soutien s'étend de 74 500 à 76 700 dollars, là où plusieurs moyennes mobiles se regroupent. Au-dessus, la reconquête des 80 000 à 82 300 dollars est le premier obstacle sérieux. Tant que la décision du 16 septembre n'est pas tombée, les mouvements risquent de rester nerveux et dictés par la macro plus que par la chaîne.
Pour un investisseur résident, deux rappels utiles. Le premier tient à l'accès : depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées peuvent servir légalement les clients français, un filtre qui change la liste des intermédiaires disponibles. Le second tient à la sortie : toute plus-value réalisée en euros sera imposée à 31,4 % au titre de 2026, un détail qui pèse au moment de solder une position, pas quand on la garde. Ceci n'est pas un conseil d'investissement, seulement l'état du terrain fin août.